Il y a bien longtemps que j'ai termine de lire Terres lointaines. (...) Le livre m'a plu et je l'ai lu facilement a ma vitesse, c'est a dire jours apres jours sans l'abandonner. Je n'ai pas l'intention d'en faire une critique, j'en serai bien incapable. Cependant, je vous fais part de quelques remarques qui m'ont frappe.
1) La premiere, des le debut, c'est cette facon qu'a le heros de rassembler ses idees et de faire une liste simplifiee de ses constatations. Je trouve que c'est une demarche tres scientifique, et tres curieusement, c'est un mode de raisonnement que j'avais observe chez Gilbert (votre pere et mon ami) au cours de nos discussions. Influence par lui, je l'utilise quelquefois mais pas avec autant de talent ou d'esprit simplificateur. Par exemple ici.
2) Le heros est designe comme etant "l'homme", ou "il", c'est a dire que le recit est soit raconte par un observateur indefini exterieur, soit par le heros lui-meme sans qu'il se designe lui-meme. Derangeant. Jusqu'a ce qu'il se donne un nom.
3) L'aventure rebondit d'une maniere parfaitement logique. La derive du heros vers la bestialite, sa prise de conscience et son retour a l'etat d'etre civilise sont tres interressants et donne beaucoup a reflechir. Il m'est venu a l'esprit plus tard que Paul Auster a decrit une derive vers la clochardisation et une redemption dans l'un de ses livres, Moon Palace peut-etre.
4) Comme j'ai l'esprit mal tourne, je me suis dit, ayant avance dans ma lecture "que ca manquait de femmes". Bien, le probleme est evacue. L'amnesie et l'absence de partenaire explique l'absence de libido. C'est un choix de l'ecrivain.
5) En tant que laique et athee farouche, j'apprecie enormement la facon d'avoir regle son compte et vite a Dieu: le sentiment du ridicule et de la vacuite d'un recueillement rituel sans fondement face a un spectateur pseudo hominien. C'est un trait de genie.
6) En tant que marxiste je trouve qu'attribuer la responsabilite d'une catastrophe ecologique a "l'homme" sans que soit denonce la recherche effrenee du profit est une simplification qui dilue les responsabilites. Il est vrai qu'a l'echelle de l'univers et des erres geologiques, ces finesses ne sont plus de mise et qu'il ne reste qu'un seul responsable, l'espece humaine.
Il y aurait beaucoup d'autres choses a dire. S'il y a une suite je suis a compter parmi les futurs lecteurs.
1) La premiere, des le debut, c'est cette facon qu'a le heros de rassembler ses idees et de faire une liste simplifiee de ses constatations. Je trouve que c'est une demarche tres scientifique, et tres curieusement, c'est un mode de raisonnement que j'avais observe chez Gilbert (votre pere et mon ami) au cours de nos discussions. Influence par lui, je l'utilise quelquefois mais pas avec autant de talent ou d'esprit simplificateur. Par exemple ici.
2) Le heros est designe comme etant "l'homme", ou "il", c'est a dire que le recit est soit raconte par un observateur indefini exterieur, soit par le heros lui-meme sans qu'il se designe lui-meme. Derangeant. Jusqu'a ce qu'il se donne un nom.
3) L'aventure rebondit d'une maniere parfaitement logique. La derive du heros vers la bestialite, sa prise de conscience et son retour a l'etat d'etre civilise sont tres interressants et donne beaucoup a reflechir. Il m'est venu a l'esprit plus tard que Paul Auster a decrit une derive vers la clochardisation et une redemption dans l'un de ses livres, Moon Palace peut-etre.
4) Comme j'ai l'esprit mal tourne, je me suis dit, ayant avance dans ma lecture "que ca manquait de femmes". Bien, le probleme est evacue. L'amnesie et l'absence de partenaire explique l'absence de libido. C'est un choix de l'ecrivain.
5) En tant que laique et athee farouche, j'apprecie enormement la facon d'avoir regle son compte et vite a Dieu: le sentiment du ridicule et de la vacuite d'un recueillement rituel sans fondement face a un spectateur pseudo hominien. C'est un trait de genie.
6) En tant que marxiste je trouve qu'attribuer la responsabilite d'une catastrophe ecologique a "l'homme" sans que soit denonce la recherche effrenee du profit est une simplification qui dilue les responsabilites. Il est vrai qu'a l'echelle de l'univers et des erres geologiques, ces finesses ne sont plus de mise et qu'il ne reste qu'un seul responsable, l'espece humaine.
Il y aurait beaucoup d'autres choses a dire. S'il y a une suite je suis a compter parmi les futurs lecteurs.
Michel J.

